Dans un entretien accordé au "Journal du Dimanche" du 16/07/06, Michel Rocard critique le projet socialiste et la manière dont le PS est parti en campagne présidentielle.

Selon lui, les problèmes viennent pour une bonne part des médias qui "tuent la politique" et "font courir un grave danger à la démocratie" en organisant des débats "à la cogne" et en faisant de l'élection présidentielle non plus "le choix d'un président mais l'étalonnage de tous les courants de pensée".

"La chance pour un candidat de figurer au second tour n'est liée qu'au degré d'explosion de son camp", déplore-t-il, "pour calmer le jeu, il est temps de trouver un autre système que le suffrage universel direct pour élire notre président".

S'en prendre aux médias est peut-être un peu réducteur. C'est effectivement le principe même de prétendre synthétiser en une personne toute la problématique politique qui est délirant.
Elisons un(e) président(e) qui soit garant(e) des institutions et de leur démocratisation, point. Pour le reste, les choix de politiques (agricole, énergétique, internationale, etc.), mettons en place des modalités de désignation et de contrôle qui allient proportionnalité et efficacité, notamment en définissant mieux qui a la responsabilité de quoi à quel niveau.

Bon, d'accord, c'est pas très glamour comme perspective : travailler des dossiers, passer des compromis, être parfois minoritaire, parfois obtenir une avancée, renoncer à une fausse bonne idée, aider à l'accouchement d'une vraie ... Tout cela prend du temps et requiert des efforts, mais dans la société complexe qui est la nôtre, c'est le contraire qui serait étonnant.