En eaux troubles
Par Philippe le vendredi 5 janvier 2007, 18:41 - Parlons-en - Lien permanent
Certains lecteurs de Citron Vert se disent peut-être que nous sommes un peu mono-maniaques dans la suspicion envers les entreprises de l'eau.
Hier encore, en relatant un article de Marc Laimé, je me disais que son positionnement sarcastique était peut-être exagéré, que ses craintes par rapport à la toute-puissance de Véolia et consoeurs étaient peut-être excessives.
Il faut dire à notre décharge que ces entreprises (ou leurs avatars antérieurs) ont fait fort par le passé.
Une dépêche Associated Press du 5/01/07 vient nous le rappeler.
Elle nous apprend que Christian Pierret, maire PS de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), comparaîtra du 5 au 9 février prochain devant le tribunal correctionnel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour «trafic d'influence passif, soustraction ou détournement de bien d'un dépôt public par le dépositaire ou un subordonné et complicité d'abus des biens ou du crédit d'une société par actions par un dirigeant à des fins personnelles».
Pour le juge d'instruction Franck Walgenwitz, en contrepartie de
l'obtention du marché, des rémunérations de collaborateurs du maire auraient
été assurées par cette filiale de la Lyonnaise des Eaux au lendemain de
l'élection du maire en 1989 via des emplois fictifs. Selon le juge, le tarif du
contrat était largement supérieur aux propositions faites à la municipalité
précédente. Six associations paramunicipales auraient bénéficié des largesses
de la Lyonnaise des Eaux, selon l'enquête des policiers,
explique la
dépêche.
Les relations étroites entre pouvoirs publics et entreprises de l'eau ont peut-être aujourd'hui de meilleures formes juridiques, mais on nous excusera de continuer à penser qu'elles ne poursuivent pas forcément la recherche de l'intérêt public, au niveau national et a fortiori au niveau international.
Commentaires
Heu... je n'ai pas tout compris cet article...
Bonjour,
Aurore a écrit : > Heu... je n'ai pas tout compris cet article...
Nous sommes volontiers critiques (nous les Verts en général, et nous rédacteurs de Citron Vert en particulier) envers les entreprises de l'eau (Veolia et consoeurs). J'imagine qu'à nous lire, certains se disent peut-être que nous sommes de parti pris, qu'après tout la gestion de l'eau c'est une série d'opérations techniques et que les municipalités ont bien raison de les confier à des techniciens (de même qu'elles sous-traitent peut-être la construction de routes ou les repas de la cantine). Dans ces cas-là, nous ne trouvons guère à redire. Alors pourquoi pour l'eau ?
Ce que j'exprime dans cette article, c'est que, avec les entreprises de l'eau, plus qu'avec les autres, il y a un passif (des pratiques glauques de financement pas net) et que ce procès vient nous le rappeler. Peut-être le présent est-il moins glauque. Mais que le passé l'ait tant été justifie notre défiance.
Cordialement, Philippe Ladame