Hier encore, en relatant un article de Marc Laimé, je me disais que son positionnement sarcastique était peut-être exagéré, que ses craintes par rapport à la toute-puissance de Véolia et consoeurs étaient peut-être excessives.

Il faut dire à notre décharge que ces entreprises (ou leurs avatars antérieurs) ont fait fort par le passé.

Une dépêche Associated Press du 5/01/07 vient nous le rappeler.

Elle nous apprend que Christian Pierret, maire PS de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), comparaîtra du 5 au 9 février prochain devant le tribunal correctionnel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour «trafic d'influence passif, soustraction ou détournement de bien d'un dépôt public par le dépositaire ou un subordonné et complicité d'abus des biens ou du crédit d'une société par actions par un dirigeant à des fins personnelles».

Pour le juge d'instruction Franck Walgenwitz, en contrepartie de l'obtention du marché, des rémunérations de collaborateurs du maire auraient été assurées par cette filiale de la Lyonnaise des Eaux au lendemain de l'élection du maire en 1989 via des emplois fictifs. Selon le juge, le tarif du contrat était largement supérieur aux propositions faites à la municipalité précédente. Six associations paramunicipales auraient bénéficié des largesses de la Lyonnaise des Eaux, selon l'enquête des policiers, explique la dépêche.

Les relations étroites entre pouvoirs publics et entreprises de l'eau ont peut-être aujourd'hui de meilleures formes juridiques, mais on nous excusera de continuer à penser qu'elles ne poursuivent pas forcément la recherche de l'intérêt public, au niveau national et a fortiori au niveau international.